Ça fait quarante ans que ça dure, de manifestations en occupations, d'uniforme de contestataire à celui de militant anti-(rajoutez ce-que-vous-voulez) , la jeunesse de France est tenue de s'opposer.
C'est le propre d'être jeune, n'est ce pas, que de se rebeller et se dresser contre "l'ordre établi" ; or cette puissance insurrectionnelle a obtenu un label "constructif" de la part des aînés. L'opposition à ce qui est, et l'affirmation de ce qui doit être, sont le fondement de la modernité, puisqu'il est généralement admis que le nouveau est meilleur que l'ancien, et moins bon que ce qui sera. L'image du jeune est fusionnée à celle du nouveau et sublimée pour la rendre enluminée comme une icône. Si c'est vendeur c'est que c'est bon. Le gros piège à con présenté au jeunot qui inspecte son miroir, croit voir son reflet mais ne voit qu'une image.
Car c'est bien une image qui est présentée, dans sa monstrueuse vacuité et sa navrante superficialité, l'ombre sur les parois de la caverne d'une marionnette qui s'agite en coulisse, ce pantin que tu singes et qui n'est pas toi. A l'école profanée de la république on ne protège plus la transmission du savoir mais on y fortifie la contestation. Il est normal qu'une centaine de merdeux bloquent un lycée, il est normal qu'un président d'université ne sache pas rendre les cours à ceux qui le désirent -quand il ne prend pas publiquement position en faveur du black-out. Il apparaît tout aussi normal que des leaders de syndicats de salariés appellent "les jeunes à descendre dans la rue", que les partis de la gauche institutionnelle agitent le spectre de l'insurrection contre un loi votée par la représentation nationale. Alors d'années en années, de lâcheté électorale en compromission démagogique, s'inculque et s'incruste ce trouble de la pensée : Il suffit de demander quelque chose haut et fort pour avoir raison. C'est la grande valeur léguée par l'éducation nationale, gueulez, protestez, exigez, revendiquez, plus la réclamation est tonitruante plus elle est légitime, ce qui est légitime devient certitude, ce qui est certitude tend vers le légal. Et puis c'est un métier d'avenir, fouteur de merde. De leaders étudiants ou lycéens on devient à la force du mégaphone députés, sénateurs, présidents de mutuelle, vieilles crapes syndicales gauchistes à l'éducation nationale, ou récompensés par un quelconque fromage de la république (comme le conseil économique et social, y'a bon).
C'est dire le coté positif de la chose à celui qui conteste l'élitisme de l'école : Une élite sort de la rue.
Voila comment 40 ans après Mai 68 le PCF est un des derniers parti communiste au monde, comment la gauche parlementaire se gargarise de rhétorique marxiste, comment les syndicats défendent le plus ceux qui ont le moins à l'être. Tous les partis sociaux-démocrates d'Europe ont pris acte de l'économie de marché, le notre est resté coincé sur Jaurès. Tous les syndicats européens défendent tous les salariés et négocient, la CGT fait défiler les fonctionnaires.
Voila comment l'émeute juvénile est devenue le rendez-vous obligé de la poussée d'hormones et de la politique.
22 mars 2006
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1 commentaires:
Bonjour,
Voici un joli discours sans intérêt sur un blog sans intérêt.
Je vous souhaite de mourir comme vous bloguez, c'est à dire comme une merde.
Baptiste.
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